stages
13 stages
distance
949 km
ascent
12'326 m
altitude
3'195 m
364 m
0 m
time
68 h

Le pacifique chilien

Récupération active à Los Angeles (18.04 au 19.04.2022)

Nous avions terminé notre grande traversée des volcans, un dimanche de Pâques, avec, à notre grand désespoir, tous les bars et restaurants fermés. Nous consacrons donc les deux jours suivants à profiter de la vie citadine et à bien nous reposer.

Direction le Pacifique (20.04 au 21.04.2022)

Nous reprenons la route le 20 avril avec comme objectif le Pacifique. La sortie de Los Angeles est assez difficile, avec beaucoup de trafic et de poussière. Heureusement, une fois hors de la zone urbaine, cela devient beaucoup plus agréable, et nous nous arrêtons pour manger un completo en bord de route. Nous arrivons finalement assez tôt dans la ville de Santa Juana, objectif initial de la journée. Après un petit goûter et un rapide tour de la ville qui est relativement (trop) calme, nous décidons de continuer notre route jusqu’à la grande ville de Concepción. Les 100 km au compteur arrivent rapidement, mais nous ne sommes pas au bout de nos peines. Quelques kilomètres plus tard, c’est le début de la descente aux enfers pour Jade. Crampes au ventre et plus vraiment d’énergie… il faudra s’accrocher. Nous entrons en ville à la tombée de la nuit en franchissant un pont autoroutier, avec un bas-coté pas bien large et en coupant quelques entrées et sorties d’autoroute. Nous arrivons finalement au centre ville frigorifiés, mais sans encombre. La recherche d’un hôtel sera plus compliquée que prévue, mais après quelques coups de fil, nous finissons par dégoter 2 chambres. Nous ressortons manger et bien sûr boire quelques verres avant d’aller nous coucher, exténués.
Le lendemain, nous allons dans un endroit que nous attendions depuis un certain temps: un magasin Décathlon. Nous complétons nos équipements avec 2-3- bricoles, mais surtout nous craquons pour une chaise de camping chacun ! Note à tous les futurs cyclovoyageurs: une chaise de camping, c’est la vie !
Pour le diner, nous avons prévu d’aller à Caleta Tumbes, petit village de pêcheurs au bout de la péninsule de Concepción. Nous sommes à deux doigts d’abandonner l’idée quand le bus arrive enfin. Le chauffeur roule comme un dingue et Jade devient rapidement patraque. Nous arrivons sains et saufs au village… mais sous une pluie battante. Nous nous réfugions dans un restaurant possédant une belle baie vitrée qui, par beau temps, donne sur le port. Nous ne nous laissons pas abattre par la météo et décidons de goûter à la spécialité de la région, la Pailla Marina, qui est préparée avec le crustacé local, le Picoroco, accompagnée, bien sûr, d'une bouteille de vin blanc. De retour en ville pour le souper, le déluge n’est toujours pas terminé et c’est donc vêtus de nos pantalons de pluie que nous sortons pour la soirée. Premier arrêt dans un bar Comedy-club où les humoristes en stand-up nous repèrent assez vite. Nous ne comprenons pas toutes les subtilités de l’humour chilien, mais nous supposons que les blagues comprenant le mot « gringos » et faisant se retourner le public dans notre direction nous sont destinées. Nous nous échappons entre 2 artistes et trouvons un bar sympa pour terminer la soirée.

Le long du Rio Biobio Vue sur le port

La route du Pacifique (22.04 au 01.05.2022)

Nous reprenons la route après notre petite pause à Concepción. Plusieurs choix d’itinéraires s’offrent à nous, mais nous décidons de suivre la côte jusqu’au village de pêcheurs de Tomé, que Yannick nous vend comme « le village des ceviches ». Le détour n’est pas de tout repos. En début de journée le trafic est important et les camions nous frôlent sans cesse, puis nous devons franchir un col sous une pluie intermittente. Nous finissons par arriver au petit port de Tomé pour l’heure du diner. Nous nous posons sur le front de mer où se trouvent tout un tas de restaurants de fruits de mer… mais pas un seul plat de ceviche n’est à la carte ! Merci Yannick pour le détour ! Le repas sera quand même très bon, et nous reprenons notre route en franchissant un autre col avant de rejoindre le village de Colemu au milieu des terres. Nous trouvons un petit hostal tenu par des propriétaires très sympas. En revenant de notre souper sur la place du village, nos hôtes nous invitent à boire un verre de vin en compagnie de leurs amis vignerons. Petite gaffe de notre part lorsque que nous avouons que nous n’avons pas du tout aimé le vin gouté au restaurant, alors qu’il s’avère être un des meilleurs vins de la région… Oups ! Malgré nos nombreuses tentatives pour nous habituer au cépage emblématique du Chili, le carménère, nous n’arriverons pas à apprécier ce vin.
Nous décidons de prolonger notre séjour d'un jour car Yannick doit récupérer une paire de pneus qui, après plusieurs semaines, vient d'arriver à Los Angeles.
Le lendemain matin, c’est un déluge qui s’abat sur l’hostal au moment où nous nous réveillons. Sur les conseils des propriétaires, nous décidons de rester encore un jour de plus pour éviter la tempête qui durera finalement toute la journée.
Quand nous reprenons la route le lundi matin, il fait vraiment très froid. A peine 5 minutes après le départ, Yannick évite de justesse une portière de voiture qui s’ouvre soudainement sur sa trajectoire. Une demi-heure plus tard, il se rend compte qu’il a oublié ses gourdes à l’auberge… trop tard, nous sommes déjà trop loin. La journée commence bien ! En fin de matinée, nous prenons la décision de bifurquer vers l’océan plutôt que de rester dans les terres. Le pique-nique du jour sera l’occasion de tester nos nouvelles chaises de camping, dont nous sommes fiers comme des paons ! En arrivant au bord de l’océan, nous allons visiter l’Iglesia de piedra. C’est une grotte de pierre, avec une entrée côté plage et une autre ouverture qui donne sur l’océan avec des vagues qui y entrent. L’endroit est spectaculaire. En ressortant de la grotte, les énormes vagues qui se fracassent sur la plage nous laissent perplexes quant à notre possibilité à faire du surf dans cette zone. Nous poussons jusqu’à l’auberge du Mirador de la Luna, où nous arrivons pile à temps pour voir le magnifique coucher de soleil sur l’océan. L’auberge est très mignonne et nous avons une chambre avec une splendide vue sur l’horizon. Après un souper en compagnie des propriétaires et une bonne douche chaude, nous ne faisons pas long feu pour aller nous coucher… notre compagnon de route s’endormira même tout habillé dans son lit.
Le lendemain matin, la pluie est de nouveau au rendez-vous. Nous restons finalement jusqu’à 15h en attendant l’éclairci prévue, qui pointera belle et bien le bout de son nez. Nous n’avons que 20 km à faire pour rejoindre la prochaine petite ville, et nous y arrivons encore une fois juste à temps pour aller voir le coucher de soleil, agrémenté de petites bières sur la plage.
La journée suivante passe vite et nous arrivons rapidement dans la ville de Constitución. Nous trouvons un hôtel au centre-ville et passons la soirée dans un restaurant en bord de mer avec happy hours sur les Pisco sours !
L’étape du lendemain commence mieux que les précédentes avec, une fois n’est pas coutume, du vent dans le dos ! Nous arrivons à Iloca sur le coup des midis et nous visons un « bar à ceviche » (une gargote) à la demande de Yannick (oui, il avait une réelle obsession pour ça). Malheureusement, il n’y a rien d’ouvert car la saison touristique est terminée. Nous nous replions sur le supermarché du coin, qui est en train de fermer. Les employés ont pitié devant nos têtes de cyclistes affamés et nous laissent le temps d’acheter de quoi faire un pique-nique avant de fermer boutique. Nous nous posons sur la plage, dans un des miradors pour maitre-nageur qui donnent un air de côte californienne. Le vent et le froid nous poussent cependant à reprendre la route, d’autant plus qu’une grosse montée en ripio est au programme de l’après-midi. Yannick et Jade poussent assez rapidement leur vélo et mettent Guillaume au défi de ne pas toucher pied à terre pour remporter une bière. Ses puissants cuissots après 4 mois de voyage (ou sa soif sans fin de bière ?) lui permettront de relever le challenge. Arrivés au somment, il ne nous reste plus qu’à nous laisser tomber sur le village de Llico, où nous rejoignons un camping situé dans la Reserva Nacional Laguna Torca. Nous allons à l’administration du camping mais nous y trouvons personne… Nous rentrons tout de même dans l’immense site totalement vide et choisissons un spot. Malheureusement, l’eau a été coupée pour l’hiver et nos gourdes sont quasiment à sec. Guillaume, l’homme de la journée, part donc au village acheter de l’eau (et des bières). Après souper, nous regagnons rapidement nos tentes pour nous mettre à l’abri du froid.
Alors que nous nous réveillons, un gardien qui semble peu content de notre présence arrive. Contre toute attente, il nous remettra l’eau et ne nous demandera pas de payer le camping. La journée commence par un col en ripio avec des paysages magnifiques: l’océan Pacifique à gauche et les Andes à droite. À midi, nous nous arrêtons dans le petit village de pêcheurs de Bucalemu pour profiter d’un restaurant de poissons du port. Pour l’après-midi, nous devons encore passer un col (en goudron cette fois) pour atteindre le village touristique de Pichilemu, capitale du surf au Chili. Nous posons nos affaires dans une auberge bon marché et profitons des bars et restaurants de la ville pour la soirée.
Le lendemain, les « olas » nous appellent. Nous enfilons une combinaison pour survivre à la température de l’océan et nous passons la matinée sur nos planches de surf … enfin plutôt dans l’eau ! À midi, nous trouvons enfin un « petit bar à ceviche », à la plus grande joie de Yannick. Pour le dessert, nous nous offrons des immenses gaufres au chocolat « con helado » et du « mote con huesillo », boisson chilienne constituant une incroyable expérience sensorielle selon les garçons. Une petite sieste sur la plage s’imposte ensuite. Le lendemain, nous refaisons deux sessions de surf qui se finiront au coucher du soleil !

Ruta los Conquistadores Ça fanfarrone avec nos nouvelles chaises La porte de l'église Just in time pour le coucher du soleil Mirador des maîtres-nageurs Descente finale

La séparation du Trio (02.05 au 05.05.2022)

Nous laissons derrière nous l’ambiance vacances et surf de Pichilemu pour reprendre la route à travers les terres. Nous arrivons en fin de journée dans le petit village de Litueche où, encore une fois, tous les logements sont pleins de travailleurs. Après quelques coups de téléphone, nous réussissons à trouver une sorte d’appartement pour trois personnes qui semble toujours en construction. Nous passons la soirée à la brasserie du coin pour fêter notre dernière journée en vélo tous ensemble.
Le lendemain, l’heure de la séparation a sonné. Nous prenons la route direction Santiago, tandis que Yannick part pour Valparaiso où nous devons le retrouver dans quelques jours. Notre matinée à deux se passe bien et nous nous arrêtons pour un traditionnel completo en milieu de journée. L’après-midi est beaucoup moins agréable. Nous rejoignons une route à fort trafic, empruntée par beaucoup de camions et avec peu d’espace sur le côté. Après avoir été frôlée quelques fois, Jade fait un crise de panique et nous faisons une pause le temps de reprendre nos esprits et discuter de la suite. Nous décidons tout de même de reprendre la route et arrivons finalement à rejoindre la ville de Melipilla sans incident. De nouveau, tous les hôtels sont pleins ! Après de nombreux coups de téléphone, nous finissons par trouver une chambre dans un motel en sortie de ville. En y arrivant, nous découvrons la définition du mot « motel » en Amérique du Sud. Les motels ont des tarifs à l’heure… nous vous laissons imaginer leur vocation. Après quelques discussions, les tenanciers acceptent de nous laisser y passer la nuit et de nous donner une clé de la chambre pour pouvoir sortir manger en ville.
Le lendemain, c’est un coup de téléphone à 7h30 qui nous réveille : si nous voulons rester plus, nous devons payer. Nous remballons toutes nos affaires en un temps record, et nous voici sur la route, le ventre vide. Un petit restaurant de routier nous permet de prendre un petit déjeuner quelques kilomètres après la sortie de la ville. La route est moins stressante que la veille alors que nous nous approchons de Santiago. Le soleil tape super fort et nous décidons de pousser jusqu’à la capitale sans faire de pause à midi. L’entrée dans la ville se passe, pour notre grand plaisir, sur une piste cyclable. Nous traversons des zones de banlieue aux habitations plus que spartiates. Même si nous ne nous sentons jamais en insécurité, nous ne nous y attardons pas. Après avoir traversé le centre ville, nous arrivons enfin à notre hostal au milieu de l’après-midi. Nous mettons nos vélos dans notre petite chambre, prenons une douche puis nous allons manger une grosse gaufre bien méritée pour fêter ça !
La journée du lendemain est dédiée à la détente et aux plaisirs culinaires offerts par la capitale du Chili. Nous amenons également nos vélos dans un atelier de réparation pour effectuer un entretien bien mérité.

Les Andes en vue Entrée dans la ville

Valparaiso (06.05 au 08.05.2022)

Aujourd’hui, départ pour la fameuse ville portuaire de Valparaiso en bus ! Nous avons de la chance et nous nous retrouvons sur les premières places du haut (bus à étage) qui nous offrent une jolie vue panoramique. A peine avons nous retrouvé Yannick que celui nous quitte. Monsieur a ses propres rendez-vous. Nous profitons de notre après-midi pour visiter un peu Valparaiso. D’abord, le port, mais le temps est assez couvert et nous avons de la peine à nous rendre compte de l’architecture de la ville avec ses 42 cerros (collines) en amphithéâtre. Nous décidons donc de monter sur un point de vue pour prendre un peu de hauteur. Yannick nous rejoint en début de soirée, et nous partons à la découverte des fameux bars de Valparaiso. Nous finissons dans un bar Electro en compagnie d’autres voyageurs (dont un couple de jurassiens) rencontrés à l’hostal.
Le réveil du lendemain est un peu plus tardif que d’habitude, et nous partons au port de pêcheurs en bus. L’endroit est authentique : forte odeur de poissons, cacas de mouette et sol trempé de reste de poisson… Pas idéal après la soirée de la veille. Nous quittons les lieux et longeons la jetée en direction de la ville, en observant les loups-de-mer. L’après-midi, nous avons prévu de faire une visite de Valparaiso avec Jonathan, notre guide vaudois, venu y vivre il y a quelques années et fonder sa petite entreprise de visite guidée en français « Valp’Otop Tours ». La visite est super intéressante, et nous apprenons beaucoup sur l’histoire de Valparaiso et du street-art, dont la ville est l’une des capitales mondiales. Sur les précieux conseils de Jonathan, nous finissons la visite en testant un bar à mojitos. Après avoir souper à l’hostal, nous sortons en ville à la recherche du fameux cocktail national: le « Terremoto » (tremblement de terre) qui consiste à un mélange de vin blanc, glace à l’ananas et sirop grenadine… Nous ne sommes pas convaincus du mélange mais ma foi, c’est culturel (et dangereusement traitre)!
Réveil difficile, mais le soleil est de retour ! Nous montons sur la colline du Cerro Alegre pour profiter de la vue sur la ville. Nous prenons ensuite un bus en direction de la ville de Concón avec ses dunes de sable. Le chauffeur du bus est « loco » et nos petits estomacs de lendemain de soirée sont mis à mal. Yannick et Jade ressortent verts du bus mais aucun vomi à déclarer. La vue est plutôt agréable et nous en profitons jusqu’au coucher du soleil avant de rentrer dans un bus décoré avec goût, ambiance discothèque rose et jaune fluo. Les folies des jours précédents se ressentent et nous irons nous coucher de bonne heure pour cette dernière soirée à « Valpo ».

Escalera de Colores Paseo 21 de Mayo Vue panoramique Playa Caleta Portales Restos Antiguo Muelle de Barón Coucher du soleil

Santiago (09.05 au 11.05.2022)

Nous devons retourner à Santiago tous les 3 accompagnés du vélo de Yannick dans un carton. Au moment de prendre le métro pour rejoindre la gare routière, nous sommes arrêtés par des employés dignes des plus intransigeants employés CFF suisses-allemands, qui ne nous laisseront pas y pénétrer avec le vélo. Bien que le métro soit complètement vide, le règlement, c’est le règlement. Après 40 minutes de marche, nous arriverons tout juste à temps pour prendre notre bus ! Une fois à Santiago, nous déposons tout le bric-à-brac de Yannick à l’hostal, et allons ensuite à la tour Costanera, plus grande tour d’Amérique du sud et également énorme centre commercial ! Après quelques emplettes, nous montons au sommet de la tour. Le point de vue est incroyable et nous en profitons pour prendre un verre avant de redescendre. Nous rejoignons ensuite le quartier Vitacura, où nous prenons un apéro et dégustons enfin une vraie pizza. Nous finissons la journée en prenant un dernier verre dans le quartier de notre hostal.
Le réveil du lendemain est très difficile. Nous retrouvons Cecilia, une bâloise croisée à Valparaiso, pour bruncher avant d’aller au musée des Human Rights. Ce musée raconte la situation au Chili au moment de la prise de pouvoir de Pinochet, puis pendant toute sa dictature. Le musée est très interessant, et permet de prendre conscience de ce qu’était la vie au Chili dans ce moment sombre de son histoire. Le temps de récupérer nos vélos à l’atelier, nous rejoignons Yannick et Cecilia à Bellavista pour monter sur la colline avec un Christ Redompteur au sommet. Nous y montons en bus, et nous arrivons juste à temps pour le coucher du soleil avec une vue incroyable. Nous redescendons ensuite à pied et dans le noir. Petit soirée sympa à quatre avant d’aller se coucher tôt. Après avoir hésité à repartir en vélo, nous décidons de rester une journée de plus à Santiago. Cela nous permet de mieux préparer l’itinéraire pour sortir de la ville, et de profiter une dernière fois des cafés. Nous passerons notre dernière soirée à Santiago à deux, Yannick ayant déjà ses propres plans.

Vue sur la ville depuis la tour Costanera Tour Costanera Santuario del Cerro San Cristóbal

Sur la route pour l’Argentine (12.05 au 14.05.2022)

Le jour de la séparation définitive avec Yannick a finalement sonné. Nous sortons discrètement de la chambre pour ne pas le réveiller… et peut-être aussi pour éviter le moment difficile des au-revoirs. C’est mieux ainsi car Jade pleure déjà ! Nous sortons de la ville assez facilement au gré de pistes cyclables. Ensuite, nous essayons d’éviter au maximum l’autoroute, en restant aussi longtemps que possible sur les routes parallèles. Nous devons quand même faire quelques kilomètres dessus, mais la bande d’arrêt est large et nous fendons la bise. Nous sortons juste avant un tunnel autoroutier pour prendre un col. Nous commençons l’ascension en espérant trouver un petit completo ou un magasin mais « nada »… nous nous nourrissons donc principalement de biscuits ! Au sommet du col, l’épais brouillard nous empêche de voir la, sans doute, très belle vue sur Santiago. Nous redescendons et nous nous retrouvons à la sortie du tunnel autoroutier. Il n’y a pas d’autres routes possibles, et mauvaise surprise : l’autoroute n’a plus du tout de bande d’arrêt d’urgence. Nous estimons que c’est un peu trop dangereux de rouler en vélo, et nous remontons au début de la bretelle d’entrée pour faire du stop. Après 30 minutes d’attente, personne ne s’est arrêté. La nuit va bientôt tomber et nous n’avons pas d’autre choix que de rouler si nous ne voulons pas dormir sur place. Nous élaborons une stratégie et décidons de nous lancer sur l’autoroute en suivant un camion cramponné sur ses freins. Nous ne devrions pas avoir de peine à le suivre en descente, et cela nous permettra d’être visible de loin. Malheureusement, même pas deux minutes après avoir pris la roue du poids lourd, la route remonte et le conducteur du camion, qui n’a pas l’âme d’un protecteur de cycliste, accélère. Malgré tous nos efforts, nous sommes très vite largués, et nous nous retrouvons donc tous seuls sur la route ! Heureusement, il y a un grand espace pour s’arrêter sur le côté, et nous nous y réfugions rapidement. Nous finissons par rejoindre la ville avec cette stratégie : attendre un trou de véhicules, pédaler comme des malades et se réfugier quand il y a un espace sur le côté et qu’une vague arrive dans nos rétroviseurs. Autre note à tous les futurs cyclovoyageurs : un rétroviseur, c’est la vie (au sens propre cette fois ;) )! Nous profitons de la soirée pour combler nos estomacs vides de la journée avec un bon gros burger !
La journée du lendemain est une petite étape. Nous nous levons tard, profitons de faire des appels à la famille, et nous prenons finalement la route à 12h passé. Nous voilà en direction de la frontière avec l’Argentine, qui se situe au sommet du col de Los Libertadores à 3’200m d’altitude. Nous nous arrêtons manger un completo, sûrement le dernier d’ailleurs, puis nous arrivons à Rio Blanco en fin de journée. Après quelques courses, nous nous préparons le souper dans la cuisine de l’auberge. La propriétaire nous confirme que l’hôtel de Portillo (la station de ski juste avant la frontière avec l’Argentine) est fermé… Nous sommes actuellement à 1’450m d’altitude et nous n’aurons donc pas d’autre choix que de passer en Argentine demain si nous ne voulons pas bivouaquer sur le col ! Nous allons donc nous coucher tôt.
Nous nous réveillons à 6h00 pour pouvoir prendre la route à 7h30. Malheureusement, les propriétaires dorment toujours et nous sommes enfermés dans la cour. Après les avoir sortis du lit, nous sommes enfin libres. Le trafic est plutôt calme durant les premières heures de la journée, et le nombre de camions sans doute moins important que d’habitude car nous sommes samedi. Il y a beaucoup de galeries de protection d’avalanches à franchir, mais à chaque fois, une route de déviation existe en extérieure. Nous arrivons dans la matinée au pied des fameux « caracoles ». Un mur se dresse devant nous, avec une multitude de virages en épingle numérotés. Il y en a 29 au total jusqu’à la station de ski de Portillo. L’ascension se passe relativement vite, et nous la terminons pour diner. Jade commence à avoir très mal au genou droit. Il fait super froid et nous décidons de continuer notre route après avoir manger nos sandwichs, malgré la douleur au genou de Jade. Nous arrivons à la douane chilienne, immense bâtiment perdu au milieu des montagnes. Les formalités se passent vite et nous continuons notre montée jusqu’au tunnel à 3’200m d’altitude. Deux choix s’offrent à nous : passer le tunnel en trouvant un véhicule, ou gravir le col en ripio à vélo. Les problèmes de genoux nous poussent à prendre la première option. En arrivant au portail du tunnel, le service d’entretien nous prend en charge dans un pick-up. Ils ne sont pas étonnés de notre présence et ont l’habitude de transporter les cyclistes de part et d’autre du tunnel. Ils nous déposent à la sortie de celui-ci et nous pouvons commencer la grande descente sur l’Argentine. Le passage de la douane argentine prendra plus de temps. Le douanier ne semble pas croire que nous avons franchi le col à vélo. Il nous pose plein de questions sur ce que contiennent nos sacoches et commence à les fouiller, puis les passer aux rayons X. Finalement, il nous laisse partir et nous arrivons rapidement au village de Puente Del Inca où nous trouvons un petit refuge pour la nuit. Ça y est nous sommes de retour en Argentine !

Los Caracoles Bientôt au sommet du Paso Los Libertadores Hotel Portillo

Coups de coeur

Cobquecura : Iglesia de piedra — Formation rocheuse impressionnante au bord de l’océan.
Pullay: Mirador de la luna — Petite auberge rustique tenue par une famille très gentille. La vue sur le Pacifique et le coucher de soleil est magnifique. Le prix était également très raisonnable.
Pichilemu: Spot de surf — Petit village touristique avec une ambiance chill de surf. Les vagues étaient également idéales pour les débutants que nous sommes.
Valparaiso: Valp’Otop Tours — Visite guidée en vaudois de Valparaiso avec Jonathan pour découvrir l’histoire de la ville et du street-art (site web).
Santiago: Tour Costanera — C’est sûrement les ingénieurs en nous qui parlent, mais nous avons beaucoup aimé monter au sommet de la plus haute tour d’Amérique du Sud. Le panorama sur Santiago et les Andes est vraiment très beau.

Col à l'horizon Sur la route pour Coelemu Plaza De Armas Petite grimpette Sacrées vagues La porte de l'église Coucher du soleil sur le Pacifique Mirador de la Luna Coucher du soleil En chute libre sur la ville Montée de l'impossible Estero San Pedro de Alcántara Estero San Pedro de Alcántara Marais salant Port au coucher du soleil Tio bar Cerro Concepción Escalera Piano Vue sur le pacifique Ville de Concón Coucher du soleil